Le rap…vu de l’ exterieur.

« Le Rap est une sous-culture.« , E.Zemmour. Qui dit mieux ?  » …On assiste à une « acculturisation » des jeunes de banlieues« , I.Adjani.

Mais alors qu’ est-ce que le rap ?

Naissance…
Tout comme le Blues et le Jazz, le Rap est un chant revendicatif qui vient de la rue. Le spoken word (« mot parlé »), apparait début 70 avec quelques groupes confidentiels dont les Last Poets.  Ses premiers créateurs sont les Djs, dont une grande partie sont d’origine jamaïquaine. Les sound systems jamaïcains ont donc eu un rôle dans l’apparition du rap dans les ghettos Noirs américains.
Des premiers samples au premiers mix, le Rap évoluera avec la technologie, mais ne commencera vraiment sa conquête du monde musical qu’ au début des années 80.

We want the world, and we want it…
Revendicatif et engagé, tel est le premier album de Public Enemy
, LE groupe de Rap par qui tout arrive. Rencontre d’ un multi-instrumentaliste de génie Chuck D et Flavor Flav au chant, le groupe à deux atouts majeurs: leurs textes parlent de la rue et leur style est « open ».
La rue, le deal, la galère, il seront parmi les premiers à le le rapper, et d’ une manière beaucoup moins violente et stupide que tous ceux qui suivront. Pionnier et précurseur d’ un nouveau genre, leur son se voudra bien plus agressif  [ le groupe  enregistrera « Bring the Noise » avec le groupe de trash Anthrax, avec un certain succès!… ] et surtout bien plus riche mélodiquement [ P.E profitera grandement des premiers sampleurs et des progrès de l’ informatique. C’ est aussi l’ époque de Run DMC, qui, avec Public Ennemy, est la première valeur sûre d’ une musique en pleine essort.

En France un certain Sydney et son émission HIPHOP annonce gentillement la couleur: le rap, la danse, les fringues cela peut aussi servir à faire du fric. Mais les premiers groupes qui marchent sont plus qu’ engagé, de Assassin à Iam et Ntm.

Fin années 90, début de la sous-culture…
Récupéré par les grands labels ( malgré leur fortes tendances à évoluer au sein de labels indépendants ), le mouvement connait un premier virage dans la « vibe ». La revendication deviennent plus personnelles, plus limites aussi. Le sexisme et le fric remplace peu à peu les révoltes, et les « nouveaux » rappeurs, qui ne viennent plus vraiment de la rue, ou qui sont plus que satisfait d’ en être sorti et de crouler sous la « tune » embrasse la vague r’n’b annoncée: Color me Bad reuni le rap et la funk avec son morceaux « I wanna sex you up », même Snoopdog se converti.
Pourtant les années 90 furent des années phare pour le rap. Les années de sa décadanse aussi. 2Pac d’ un coté, Notorious Big de l’ autre, tous les deux morts assassinés par leurs gangs respectifs. Le Sexe, drogue et rap  s’ applique aussi aux MC, yeah!, mais beaucoup de ces MC’s sont incapables de quitter la rue. A la fin des années 90, le rap, c’ est 90% de bisness et 10% de musique.

La mort du Rap…
Comme tout le monde je sors la carte Claude MCSolaar quand j’ annonce que le rap sait être une musique riche. Mais il faut bien se rendre à l’ evidence: les rappeurs se sont coulés eux-même.
Devenu r’n’b, le rap d’ aujourd’ hui n’ est plus qu’ une soupe indigeste d’ insultes inutiles et de samples mielleux. Rares sont les véritables morceaux engagés, et les « nouveaux » MC’s, même s’ ils parlent toujours de sexe, de drogue et de galère, le fond maintenant à la manière de Beyonce.
Le Rap d’ aujourd’ hui vit sur les vestiges d’ anciens courants musicaux très prometteurs. Originalité et implication ne sont plus du goût des Rappeurs devenus ( mauvais ) chanteurs de ( mauvaise ) Soul music.
Puff Daddy avait raison. Lui qui avait si habillement mélangé rap, soul et rnb, avait annoncé la nouvelle ère de la  planète rap. Et  aussi la fin d’ un certain rap plus ‘root’.

L’ avis général…

Si vous parlez de rap avec quelqu’ un qui en écoute, vous n’ êtes jamais d’ accord. Lui parle des clips, des filles-objets aux bords des piscines, des belles bagnoles, et de la difficulté à ne pas tromper sa femme quand on est un rappeur célèbre.
Si vous vous adressez a quelqu’ un qui n’ aime pas le rap, vous ne serez jamais d’ accord. Car lui aussi vous parleras des clips, des filles-objets etc…mais lui soulignera en plus la nullité de la syntaxe ( si, si c’ est nul, moi en vous écoutant, j’me di’qu’f’rai bien 1 mix’d’rap histoire de viber un peu dans une battle…), la vulgarité inutile ( no comment…), ou encore le mensonge ( combien de rappeurs d’ aujourd’ hui ont vraiment vécu ce qu’ ils racontes ?!).
Ajoutez à cela un jogging blanc et des basquettes, heu pardon des baskettes et une casquette de marque . Et voilà, vous l’ avez votre sous-culture.

Alors oui Zemmour et Adjani ont raison. Il y a de la sous-culture dans le rap. Comme il y a eu dans tout les styles: on appelle cela de la variété, de la soupe. D’ accord Sheila est beucoup moins vulgaire que Notorious BIG…mais elle n’ a pas passé son enfance à vendre du shit pour acheter les mêmes montres que Sarkozy ou Drey.

La fin du rap…
Je suis impatient de connaitre la suite de l’ aventure Rap. Car forcément, une fois toute la merde écoulée, je suis persuadé que l’ on retrouvera une certaine qualité perdue. Et que plus personne n’ aura besoin de se prendre pour la bétise incarné par DocGyneco ou la violence d’ un Joey Starr pour faire vendre
à voir dans les salles en ce moment un film sur la vie du rappeur « Notorious B.I.G, qui montre l’ affrontement des rappeurs Coté Est et cote Ouest américaine.
Jiminix’is’in’a’house…

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