Facebook à la conquête...
d'internet

Le monde de l’internet est en déperdition. Comme rien ne semble stopper la montée des utilisateurs du réseau « Facebook », nous ne serons pas loin du milliard d’inscrits d’ici 2013. Près d’un quart de ces utilisateurs veilleront leur profil chaque jour …
Facebook n’est plus Facebook. La réussite d’un boutonneux du web si bien filmé par David Fincher dans « A Social Network » n’est plus simplement la révolution la plus importante de l’internet: le site est maintenant devenu la principale porte d’entrée de l’ordinateur personnel.
Qui aurait pourra rivaliser avec lui ? Personne…
Google est la première grande réussite du web. Tout au long de ces années de « gestation » du web, il s’est « imposé » comme principal outil de recherche dans la fourmilière, tout en laissant les fourmis s’organiser, pourvu qu’elles passent par lui.

Mais Google n’a pas su proposer LA solution attendu par l’internaute lambda.
La solution ultime, qui rassemblerait tout sur une seule et même page. Première victoire de Facebook.
« Bientôt dans les magasins, les ordinateurs afficheront le logo de « Facebook » sur leurs emballages. Avec une mention « Optimisé pour ». Puisqu’on peut tout faire avec Facebook« …
Facebook n’est qu’un produit de plus sur la toile. Un ingénieux mélange de technologies, le « couteau-suisse » de l’internaute comme le furent jadis Msn, MySpace ou Flirk.
Facebook n’est que le haut de la liste, celui qui a réuni toutes les technologies proposées par de nombreux sites sur une seule page: votre profil.

Poster des articles, envoyer des messages, mettre des photos, des liens, des émoticônes, tchatter avec ses amis, connecter les gens entre eux, permettre de promouvoir ses idées ou autres fantasmes au sein de sa « bulle », lire des vidéos ( parfois encore hébergées ailleurs que sur Facebook, mais pour combien de temps ?!), écouter de la musique, créer des pages, analyser le nombre de visites. Jouer.
Jouer.
Voilà la plus grande réussite du géant américain: avoir fait de nous les avatars d’une vie numérique dans un jeu à l’échelle mondiale. Alors pour être complet…il ne manquait que le monde des blogs.
Bloggeur de la première heure, il y a bien longtemps que je n’y croyais plus vraiment: mes articles ont bien plus de « vues » quand je les poste sur mon mur Facebook que sur mon blog, et j’ai même abandonné tout idée de « redirection » vers celui-ci pour maintenir un semblant de traffic. La seule chose qui me poussait à continuer à alimenter  mon blog plutôt que « Facebook » était la présentation qui ne correspondait pas vraiment à celle d’un blog personnel.

Ce n’est plus le cas. En tout cas, selon les la dernière volonté du site de réseau américain. Le dernier grand changement en date du site américain est une menace sérieuse pour le monde presque indépendant du blogging.
Organiser sa page comme un journal

Bandeau en haut, articles affichés en diapo, barre latérale pour les liens, les amis, les photos…discussion en direct dans le pied de page.Bien sur toujours pas de liberté au niveau du design, toujours pas de réelles possibilités d’effacer vos données, et toujours plus de pubs personnalisées sur ces pages. Mais qu’importe. L’ internaute lambda s’en fout. Il n’est pas spécialement plus con qu’un geek ou qu’un programmeur, sauf qu’il ne s’est pas préparé et s’est mis à surfer sur la vague en cours de « ride »; sans vraiment savoir comment il fallait faire… il a  pourtant réussi à tenir debout comme il pouvait, et a même fini par se prendre pour un vrai surfeur.

Dans les années 90.
Microsoft a bien réussi dans sa monopolisation du monde de l’informatique, et Google celui du web.

« Je ne pense pas donc je surf » est la logique du nouveau monde numérique et aquatique, là ou 99% des nageurs pensent avoir besoin d’Internet Explorer » pour nager, du pack Office pour créer et d’Msn pour se parler et se voir. Les baigneurs font tout et n’importe quoi, se prennent pour des étoiles de mer et font comme les autres étoiles de mer: ils s’affichent. Photos, pensées, humeurs, coordonnées personnelles. Tout cela enregistrés sur divers sites web d’achats, de réseaux sociaux, de jeux en ligne, et sur Google. Une montagne d’informations personnelles aussi intéressantes que dangereuses, et des voix commencent à accuser Google de « marchandisation » des données personnelles.
Google s’en fout, Google est le géant qui regarde et utilise les acteurs du web.
En ce début 2000, les services sont nombreux et diversifiés. Il y a des hauts de tableaux internationaux comme Myspace ou encore Flirk, et des nationaux comme Skyblog.

Les internautes qui ont pris part à l’évolution du web utilisent toutes sortes de technologies, et possèdent des dizaines de comptes. Le monde du web est grand, et les entreprises sont aussi nombreuses que les possibilités offertes par le numérique. Et si le marché est loin de profiter à tous, les acteurs principaux sont relativement nombreux. Les innovations ne manquent pas.
Facebook arrive en 2004. Il met un peu plus de trois ans pour atteindre le chiffre des 100 millions d’utilisateurs, puis triple ce chiffre en à peine deux ans de plus. En 2010, nous sommes 800 millions d’utilisateurs à travers le monde.

Moi qui cotoie nombre d’internautes dans mon travail et dans mes amis, j’avoue que j’ ai vu le changement au fil de ces quelques années. Au départ, tous se disaient indifférent au phénomène Facebook, puis certains commençaient à s’y intéresser, et au final, aujourd’hui, nombreux sont les ordinateurs à utiliser « Facebook » comme page de démarrage.
Ce n’est pas rien. Lorsque Google « n’était » qu’un annuaire, la navigation se faisait un peu comme une balade sur la toile. Un lien vers tous ces sites professionnels mais aussi personnels qui participaient à l’évolution du web. Bien sur que Googlen’a pas hésité peu à peu à utiliser les infos perso pour afficher de la publicité personnalisée sur ses pages. Mais vous aviez au moins encore le choix d’aller où bon semblait.

L’utilisateur lambda d’aujourd’hui utilise Firefox parce qu’il est plus cool et plus fun que les autres. Il a Facebook en page de démarrage…et Facebook est sa galerie marchande géante personnalisée. Et dans ce genre de galerie, c’est toujours ceux qui y ont les moyens qui s’affichent le mieux.
En fin de compte, l’utilisateur lambda d’aujourd’hui n’en sait pas d’avantage que son prédécesseur. Et peut-être même un peu moins.
Sous couvert de simplicité d’utilisation, il a préféré tout rassembler dans un seul outil, une seule page, un seul compte.

Et comme les malheureux utilisateurs du pack Office, les utilisateurs de Facebook sont à la merci des humeurs des créateurs du site de réseau social. Sans avoir son mot à dire.
Demain, quelque soit la technologie, chaque utilisation ou presque « online »  de nos ordinateurs passera par « Facebook« . Ordinateurs, téléphones portables, Tablettes, tringle à rideaux, papier-toilette. Tout sera étiquetés « Facebook Optimized« .

Je pense à cette incroyable publicité pour l’un des premiers Macs, où un « esclave » balançait un marteau dans l’écran de contrôle pour libérer…sa pensée ?!

Le concept de l’écran de contrôle est de retour. Un seul écran, une seule porte, vers votre « tout ».
Et le monde du « comprendre pour avoir la liberté de faire  » a cédé  sa place à celui du « laisser faire sans comprendre« .
Des mots-clés « fer de lance de la révolution web « comme évolution et partage ont été remplacés par publicité et profit.
Vous êtes tous des toxicos. Et moi aussi…

J’ai un compte Facebook, avec près de 1500 contacts dont 500 « vrais » amis ou presque qui reçoivent chaque jour mes publications; trois pages créées pour la promotion de certains de mes projets, et des dizaines d’articles postés et commentés. Et si j’ai choisi de ne pas poster ou presque de photos personnelles sur mon profil, mes amis s’en sont chargés. Il y a un peu de moi sur des centaines de profils.
1 milliard d’utilisateurs. 1500 amis. Une page, une personne. Une vie. Une dépendance.

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